Sakr El Khattabi

Le néonazisme au Maroc provoque la mort de nouveaux martyrs

Al Hiwar al moutamaddin n° 1917 du 16/05/2007



« Toute révolution qui ne saura se défendre par elle-même ne vaudrait rien », Lénine.

Une fois encore, une guerre féroce est déclarée contre les masses usant en cela toutes sortes de formes odieuses, guerre sans pitié ni trêve.

Attaque contre le droit à l'éducation, à la santé, au logement, etc.

Contre le pouvoir d'achat et la force des masses populaires à travers la politique des salaires et le démantèlement de la Caisse de compensation.

Laquelle politique qui a mené à une hausse vertigineuse des prix.

Conséquences : explosions sociales immenses initiées par toutes les catégories et classes des masses populaires qui ont pris des allures héroïques et combatives.

Se faisant, les masses ont dû sacrifier chèrement (arrestations, répression et terreur, etc.) sans se replier et ce pour défendre ses intérêts.

Cet élan de lutte dont a fait preuve le peuple, ainsi que les luttes du peuple sahraoui ces dernières années démontrent clairement le déclin et le pourrissement du régime absolutiste.

Et plus un régime est dans un état de déclin, plus il vire vers le fascisme.

Ainsi, le régime en place ne s'est pas résigné à la contemplation, mais il n'a ménagé aucun effort pour « légitimer » la campagne de répression engagé contre le peuple usant en cela d'étendards comme «lutte anti-terroriste, « atteinte aux sacralités », « maintien de l'ordre », etc.

Pour se faire, il a utilisé tout son arsenal répressif, allant de la police secrète et officielle, des forces auxiliaires, de la gendarmerie aux forces spéciales et d'intervention ; profitant de tout son potentiel pour mettre fin cet élan de masse contre ses politiques rétrogrades.

Lequel élan qui a affecté tous les coins du pays du nord (Al-Hoceima) au sud (Sidi Ifni) et de l'est (Figuig, Imilchil) à l'ouest (ouvriers de LA CLEMENTINE), en sus des luttes menées au Sahara occidental.

L'ensemble de ces luttes a démasqué le caractère fasciste de ce régime despotique et ses acolytes.

Luttes qui ont vu les masses ouvrières, les paysans, les étudiants, les élèves ainsi que les diplômés en chômage, tous unis sous la même bannière de lutte pour l'émancipation politique et syndicale et pour le droit des peuples à l'autodétermination.

Luttes qui ont été caractérisées par la forte créativité et d'imagination que les masses populaires marocaines ont montré en matière de combativité et de violence révolutionnaire.

Et ce en dépit des tentatives de blocage des opportunistes et des complots des infiltrés. Luttes, finalement, qui ont démontré l'acuité de la crise et la continuité des « années de plomb » et que les « pages du passé » n'ont pas été tournées sauf aux yeux des vendeurs des sacrifices au rabais.

Le sang des peuples ne peut être récompensé que par le sang comme disait le grand poète MOUDHAFFAR NOUAB « Ma patrie m'a fait appris que les lettres de l'Histoire sont falsifiées si elles ne sont pas écrites par le sang ».

Car c'est le sang qui transcrit l'Histoire des peuples, il ne peut se transformer en encre pour authentifier leurs pages d'ordures.

Oui, beaucoup de révolutionnaires marocains et sahraouis ont sacrifié leur vie (au Rif, Atlas, Oulad khlifa, Casablanca, Marrakech, Fès, etc.) partant de Abbès Msaâdi, Cheikh Al Arab, Omar Dahkoun, passant par le martyr communiste Abdellatif Zeroual, les martyrs Rahal, Saîda, El Wali Mustapha Sayed, Douraidi Moulay Boubker, Mustapha Belhouari, Abdelhak Chbada, Hafid Bouabid, et arrivant au martyr LAMBARKI qui a donné sa vie pour le droit de son peuple à l'autodétermination, aux martyrs marins de Dakhla, etc.

Le peuple marocain a donné des martyrs après martyrs pour défendre son droit et ses intérêts.

Le mouvement estudiantin a été l'un des champs de bataille les plus actifs, surtout sous l'impulsion de la faction la Voie Démocratique Basiste (VDB) qui a beaucoup sacrifié pour le peuple marocain ainsi que sous l'impulsion de l'organisation combative l'Union Marocaine des Etudiants du Maroc (UNEM).

Laquelle organisation qui a encadré de grandes luttes des étudiants qui ont révélé fortement la grande générosité militante de ce peuple.

Le régime despotique et ses collaborateurs fascistes ne pouvaient rester inactifs et n'ont ménagé aucun effort pour éradiquer l'UNEM en tant qu'organisation de masse progressiste et combative, axant leur effort sur son noyau moteur, à savoir la VDB.

et en effet a usé pour ce faire de l'Awacs au début des années 1980, puis des forces obscurantistes au début des années 1990.

Les masses étudiantes ont dû affronter toutes ces manoeuvres quitte à donner des blessés et même des martyrs : les deux camarades MAATI BOUMLI et AIT JYED BENAISSA.

Les militants du peuple marocain n'ont pas désarmé face à ces fascistes malgré leur férocité et terreur organisée soit par des milices officielles ou non officielles (les forces obscurantistes).

Tous se rappellent des crimes perpétrés par ces fascistes surtout au début de la décennie 1990.

Et si le régime a usé de cette carte qui ne sert plus, car peut-on dire la magie s'est retournée contre le magicien, il a commencé à embrigader des bandes de drogués et de cambrioleurs ou ce qu'on appelle localement « sniffeurs ».

Pour preuve, les attaques perpétrées contre le mouvement estudiantin à travers nombre de sites universitaires ces derniers mois, tel Marrakech, contre les basistes et les sahraouis.

Fès aussi et d'autres ont subi les mêmes attaques.

Même les mineurs du minerai d'Iminy en 2004 n'y ont pas échappé.

Le dépérissement du régime despotique entraîne nécessairement sa fascisation en tant que degré suprême et plus sanguinaire de démocratie bourgeoise.

Il a eu recours ces derniers temps à l'embrigadement d'éléments fascistes sous la bannière du « Mouvement Culturel Amazigh » (MCA).

Laquelle tendance qui véhicule un discours fasciste, anti-progressiste (contre l'UNEM, la cause palestinienne, la cause du Sahara, la cause Amazigh, la pensée révolutionnaire, etc.) et défendant avec chauvinisme la question amazigh.

Son but n'est pas de défendre cette cause démocratique que l a gauche révolutionnaire avait épousé quand le criminel AHERDANE et ses acolytes exterminaient les paysans pauvres au Rif et à l'Atlas.

Mais, son but est de porter atteinte à l'unicité du peuple marocain et au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Cette tendance vise aussi à entamer ce lien très étroit qu'ont les masses avec leur cause nationale, la Cause palestinienne.

Ce sont des bandes se ressourçant idéologiquement de l'école sioniste et fasciste.

Souvent, les réactionnaires chauvinistes se servent des causes nationalistes malicieusement pour servir leur contre-révolution et l'impérialisme.

L'Histoire est riche en exemples dans ce sens : la question juive et la naissance du sionisme, stimulation de tendances nationalistes pour la déstabilisation de la révolution russe, la question aryenne et la naissance du nazisme, la répression du mouvement ouvrier naissant en Allemagne et en Italie (répression du soulèvement de Spartacus) sous couvert de la nécessaire unité de la race aryenne et la résurrection de la civilisation romaine, stimulation de nationalismes exacerbés par la réaction en Chine (Tibet...) pour casser la révolution chinoise ; sans oublier l'expérience amère et l'exploitation fasciste faites par les régimes arabes et de nombreux partis rétrogrades (Baâs, parti de l'Istiqlal, nassérisme...) du panarabisme ; sans oublier aussi la naissance de courants fascistes à la solde du sionisme et de l'impérialisme (partis kurdes de BARAZANI et de TALIBANI, la naissance du parti des Milices et autres courants racistes au Liban) pour faire avorter les résistances libanaise et palestinienne et pour appuyer la triade criminelle Réaction Sionisme Impérialisme.

Bref, il ressort des expériences des peuples qu'on se sert souvent de la question des nationalismes pour réprimer la lutte révolutionnaire que mènent les peuples.

Et en parallèle, appuyer les guerres de cambriolage et fédérer le prolétariat et la bourgeoisie sous le slogan « défense de la patrie », « unicité de la race », « défense de la nation », « défense du pays de tamazgha », « unité territoriale »...

Tout ça pour garantir une union politique entre le régime despotique et son contradicteur, entre les classes rétrogrades et leur contradicteur au sein de la même communauté nationale.

L'appui reçu par les bandes de la tendance chauviniste du MCA de la part des féodaux et des grands propriétaires fonciers comme AHERDANE et autres ainsi que la naissance du "Parti Démocratique Amazigh" et l'Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM) et les actions actuelles et anciennes menées par cette tendance prouvent que le but premier de ces bandes est de dénaturer l'essence démocratique et révolutionnaire de la cause amazigh en tant que cause du peuple marocain tout entier autour de laquelle il peut s'unir et réaliser sa révolution de démocratie nouvelle.

La réalité vécue au quotidien démontre combien elles sont déterminées à aller dans leur prédisposition logistique, idéologique, politique et militaire de contre-révolution et pour saper l'unité de la lutte des masses populaires et semer les ingrédients d'un extrémisme nationaliste appliquant en cela la fameuse devise « diviser pour régner ».

Laquelle arme très ancienne et déjà utilisée par l'impérialisme français pour entamer l'unité de la résistance aux temps du colonialisme direct.

Tout le monde se souvient de ce qu'on a communément appelé le « dahir berbère » de 1930.

Cette tendance fasciste très dangereuse tous les militants honnêtes et tous les révolutionnaires devant des devoirs éminents.

En premier lieu, il s'agit de remettre la cause amazigh dans le cadre qui lui sied, à savoir dans un cadre démocratique et révolutionnaire du fait que c'est la Cause des révolutionnaires et non celle des chauvinistes.

Aussi est-il de leur devoir de dénoncer idéologiquement et politiquement tous les démagogues et leurs desseins obscènes.

Seuls les communistes sont capables d'honorer révolutionnairement et jusqu'à son terme cette mission comme par ailleurs pour toutes les autres missions démocratiques.

D'autant plus qu'on sait que la cause amazigh est intimement liée à la révolution agraire et par là même de la révolution démocratique.

Ceci n'est réalisable que si on mène un combat et une lutte sur ce sujet contre les néonazis, idéologiquement, politiquement et militairement.

Tous les militants doivent faire bloc pour défendre l'unité du peuple marocain et ses tâches démocratiques par toutes les formes ; et la meilleure forme pour contrer la contre-révolution, étant -pour tous les peuples aspirant à l'émancipation-, la violence révolutionnaire.

L'attaque perpétrée contre l'UNEM et la mort en martyr du militant ABDERRAHMANE EL HASNAOUI révèle à quel point sont sauvages ceux là contre les militants.

Ce qui interpelle tous les militants authentiques en guise de fidélité et en hommage au martyr à agir dans le sens de repousser le néofascisme au Maroc avec force et détermination comparables à celles dont ont fait preuve tous ceux qui ont combattu Mussolini, Hitler et la Haganah.

Il faut lutter contre cette bande qui se ressource dans le chauvinisme et combat le peuple sur des bases racistes.

Comme, par ailleurs, tous les fascistes qui font de la race, de la couleur de la peau, de la religion et du sexisme des créneaux pour commettre des crimes contre les masses laborieuses.

L'attaque contre les militants sahraouis à Agadir par cette bande et qui a laissé beaucoup de victimes représente un indicateur tangible que le régime en place manipule ce « bâton magique » pour atteindre plusieurs oiseaux avec une seule pierre : - primo, vider la cause amazigh de son essence émancipatrice et la transformer en outil de mobilisation sur des bases raciales ; - secundo, en user pour briser la lutte révolutionnaire du peuple sahraoui ; - tertio, casser l'unité des masses populaires marocaines dans leurs luttes.

Cette orientation est beaucoup plus dangereuse que l'on puisse imaginer.

C'est l'orientation du régime despotique à réprimer, disloquer les masses populaires et étouffer l'élan militant et violent dont elles ont fait preuve.

C'est un style nouveau dans la confrontation qui devra être bien assimilé, contré avec force et persévérance et préparer les masses à y résister.

Ainsi donc, le régime despotique a trouvé son compte dans ce courant fasciste et criminel pour saper les luttes des masses et mettre en oeuvre la fameuse théorie impérialiste désormais périmée dite « anarchie créatrice » qui consiste pour l'impérialisme, quand il est en difficulté militaire, à créer des conflits communautaires et raciaux entre les peuples.

Et ce pour pouvoir les affaiblir tout en gardant sa force militaire pour une prochaine utilisation.

L'état des lieux révèle néanmoins chez nous l'échec de l'appareil répressif structuré du régime despotique dans sa tentative de casser les batailles des masses.

On peut citer les confrontations avec les masses populaires de Sidi Ifni, Al-Hoceima...

Toutes les batailles des masses qui avaient pris un aspect violent et combatif ont pu assigner aux forces de répression des coups et pertes énormes matérielles et humaines.

Le cas de la Cité universitaire de Marrakech dernièrement est là pour nous le rappeler.

En effet, les étudiants sahraouis aux côtés des masses étudiantes ont combattu en concert la gigantesque panoplie de forces répressives composée des CMI, Awacs, forces spéciales, forces auxiliaires...

Avec persévérance et combativité, ils ont infligé à ces forces plus de 34 blessés.

Il a été démontré clairement la force de la lutte violente et la naïveté des partisans de la lutte pacifiste.

Cette orientation combative des luttes des masses populaires et des luttes du peuple sahraoui ne sera pas bien sûr traitée par le régime de la même tactique.

Il va au contraire profiter de ses défaites et des leçons de ses confrontations précédentes pour exploiter cette ligne fasciste au sein du mouvement de masses pour affecter l'efficacité de lutte violente de ce dernier.

Mais, tant que les masses sont celles qui font l'Histoire et sont les plus créatrices, elles allaient affronter cette ligne fasciste avec des moyens violents et créatifs pour la grande marche sur le pouvoir despotique et sur les petits fascistes criminels oeuvrant contre le peuple et pour contrer leurs acolytes rétrogrades, MCA et compagnie.

Elles pourraient dire à tous ceux-là : « Pour les petits fascistes, nous disons que nous avons le plaisir de vous cracher dessus, nous allons vous combattre même avec nos ongles, notre poignet est notre boussole et le cri de notre liberté transcende le mur de votre coeur battant sur le rythme de la mort ; nous disons que nous allons bâtir une patrie pierre par pierre au dessus de tombeaux salis par vos cadavres, vous qui êtes la poubelle de l'Histoire.

Ma patrie est le berceau des révolutionnaires ayant pris engagement que nous allons vous résister.

Non au fascisme, le chemin de la révolution est notre galaxie. », Dixit MAHDI AAMEL.

Alors, tous pour :

l'unité des masses populaires ;
le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et dénonçons tous les complots le visant ;
le droit du peuple marocain aux libertés politique et syndicale et à un régime patriotique, démocratique et populaire ;
A bas le fascisme, à bas le chauvinisme ! ;
Vive les luttes des masses populaires ! ;
Vive l'unité des masses laborieuses ! ;
Vive la cause amazigh en tant que cause nationale ! ;
Vive l'unité des masses laborieuses ! ;
Les révolutionnaires sont morts en martyrs, Vive la Révolution !;
Plus de lutte, plus de persévérance !